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Mathieu et Damien Devienne, le choix de la bio en circuit court

Mathieu et Damien Devienne, le choix de la bio en circuit court

La ferme de 115 ha en système polyculture-élevage allaitant située dans l’ouest Amiénois est surtout orientée vers la vente directe de viande, atelier développé depuis une dizaine d’années. Installés en GAEC fin 2011, Mathieu et Damien Devienne ont fait le choix de s’engager en bio dans la foulée, après 2 à 3 ans de réflexion : de multiples visites, contacts, formations leur ont permis de se faire une idée plus précise de la démarche puis de finaliser le projet. Principales motivations : les attentes de la clientèle en vente directe et le souci de préserver l’environnement et la santé.

Dans une recherche d’autonomie, les besoins du troupeau ont nécessité une évolution sensible des surfaces en prairie. Pour la quarantaine de vaches allaitantes du GAEC au départ, les vingt hectares d’herbe ont dû passer à cinquante, avec l’introduction dans la rotation de prairies temporaires. A l’occasion de la conversion, les principales questions concernant l’élevage touchaient à l’approvisionnement fourrager et à la santé des animaux. Le foin de prairie, la luzerne, le méteil représentent maintenant une bonne partie de l’alimentation hivernale du troupeau. Le pâturage tournant permet une optimisation des surfaces en herbe. Sur le territoire vallonné de Gouy, certaines parcelles de sols hétérogènes, riches en biefs, ont ainsi retrouvé leur vocation de prairie sans trop de regret. L’élevage se révèle un atout décisif pour la conversion bio de l’exploitation du fait de la complémentarité avec les cultures : prairie temporaire en tête de rotation, fumiers pour la fertilisation.

L’organisation de la vente directe est bien rodée, l’offre s’est élargie avec le porc charcutier et la volaille, elle représente les 2/3 du chiffre d’affaire de l’exploitation.
Après les deux années de conversion, Mathieu et Damien sont confiants et affichent un réel plaisir à travailler en bio.


Philippe Henry, douze ans après s’être lancé en bio

Philippe Henry, douze ans après s’être lancé en bio

A l’occasion des CTE(*), Philippe Henry a engagé en conversion le quart de son exploitation de polyculture de 200 ha  située dans le pays de Thelle, au sud de Beauvais. Ses motivations : diversifier son système de production pour plus de valeur ajoutée et acquérir de nouveaux savoir-faire.
« Depuis une dizaine d’années, les progrès techniques ont été permis par le développement des échanges paille-fumier, la diversité des productions (épeautre, triticale, orge de printemps, légumes de plein champ et maintenant la rhubarbe !), la gestion des intercultures. Depuis trois ans, l’introduction de la luzerne me permet une meilleure maîtrise technique.
Sur les onze campagnes, les marges brutes en bio sont équivalentes à celles du conventionnel sur mon exploitation, sans prendre en compte les aides à la bio.
Avec le développement de la bio, de nouvelles opportunités se présentent, telle la production de rhubarbe que je mène avec un voisin, pour les Ets Maeyaert. Cela nous génère un travail conséquent en mai-juin et nécessite une organisation spécifique. Globalement, la bio me permet de mieux valoriser la main d’œuvre sur mon exploitation.»
(Extraits d’un article paru dans la presse régionale agricole en mai 2014)

(*)Contrat Territorial d’Exploitation.


Eric et François Lefèvre, engagés en Agriculture Biologique depuis 2010

Eric et François reviennent sur leur réflexion et leur conversion bio lors de la Conférence bio Picarde le 21 septembre 2011.

Ils ont converti une partie de leur 585 ha situé sur le BAC de St Just en Chaussée dans l’Oise.

« Nous sommes dans un système de fonctionnement où les choses vont toutes seules, il y a la coopérative, les organisations agricoles, les conseillers… ça roule… Et voilà que l’on se retrouve d’un coup dans un monde qui n’est plus du tout pareil à tous les points de vue : technique, commercial…
Au départ on est inquiet, les visites d’exploitations bio sont rassurantes. Et puis on a la chance aujourd’hui d’être accompagnés dans la démarche de conversion. Des gens sont toujours là pour conseiller, aider. Car le bio ne s’improvise pas, c’est très technique, pour maitriser le salissement des terre notamment. Mais on a aussi plus d’échanges quand on est entré dans ce mode de production, on rencontre des gens qui vont plus loin dans la réflexion »


Emmanuel Decayeux à Wanel (80)

La conversion de l’exploitation qui s’achève est issue d’une longue réflexion et la suite logique de la mise en œuvre de pratiques alternatives pour cet éleveur passionné d’agronomie. L’autonomie alimentaire du troupeau de 75 vaches montbéliardes est surtout assurée par des surfaces de fauche, essentiellement en luzerne pure ou associée, car les pâtures disponibles ne représentent que 16 ares par vache. Les 48 ha de luzerne sont récoltés en ensilage (1re et 4e coupe) ou en foin (2e coupe), la 3e étant fonction des besoins et de la météo. Le maïs garde une place dans le bilan fourrager, à peine 10 % pour la campagne en cours. Il est prévu de l’utiliser en grain humide pour l’an prochain.
Enfin, les cultures dérobées permettent un complément fourrager appréciable. En 2011, un mélange avoine + pois fourrager + lentille sur 9 ha a fourni près de 60 t MS, en enrubannage et ensilage, compensant la production médiocre du printemps.
Les 400.000 l de lait produits sont livrés à la VPM. Bio depuis le 1er mai 2012, il bénéficie d’une rémunération supplémentaire de 100 €/1.000 l en moyenne.

Des productions diversifiées
En tête d’assolement, la luzerne est la meilleure partenaire des cultures en nettoyant les terres et comme source d’azote appréciable les deux années suivantes. En outre, elle est adaptée aux terres crayeuses sur Wanel. Les 70 ha de cultures de vente sont surtout consacrés aux céréales qu’Emmanuel Decayeux commercialise par la coopérative ABIO.
Mais la particularité de la bio est d’offrir une diversité de productions, notamment en circuit court. Ainsi en 2011, Emmanuel Decayeux a produit des pommes de terre et des lentilles qui viennent compléter la gamme : avec son épouse, ils développent la vente directe de viande.


Marie-Françoise et Emmanuel Rouyère à la Chaussée-du-Bois-d'Ecu (60)

La conversion d’une moitié de l’exploitation en 2010 s’inscrit dans la suite logique d’engagements pour faire évoluer les pratiques, plus respectueuses de l’environnement et de la santé : réduction d’intrants, aménagements parcellaires. Et une opportunité : contractualiser des MAE sur le Bac de Breteuil, avec un complément sur les aides conversion pour limiter la fertilisation azotée, soit 313 €/ha sur cinq ans.
La présence d’élevages sur l’exploitation est un atout appréciable pour mener les cultures et gagner en autonomie. Les 35 vaches allaitantes valorisent les 10 ha de luzerne bio et produisent un fumier composté. Dans cette logique et dans la perspective de l’installation du fils, un atelier de 6.000 poules pondeuses bio a été créé, projet conforté par la présence d’opérateurs locaux (Novial pour l’aliment, Seppa pour la commercialisation).  
La rotation envisagée laisse une place importante aux céréales : luzerne (2 ans)-triticale-maïs-féverole-triticale-orge de printemps (luzerne semée sous couvert). En plus des effluents d’élevages, un engrais vert à base de trèfle blanc semé au printemps sous couvert de triticale permettra de couvrir une bonne partie des besoins en azote du maïs ou de l’orge. Après une première récolte encourageante en 2011 - des niveaux de marge équivalents entre le bio et le conventionnel sur l’exploitation - Marie-Françoise et Emmanuel Rouyère comptent poursuivre la conversion de leur exploitation en développant de nouvelles productions (lin fibre, légumes) dans un système de production plus autonome et avec des partenariats locaux. 


Bruno et Didier Decarsin à Urvillers (02)

Depuis plus de 30 ans, Bruno et Didier Decarsin conduisent une quarantaine d’hectares de cultures en bio. Initialement basé sur des cultures d’hiver, le système de cultures a évolué depuis quelques années avec l’introduction de cultures de printemps, comme l’orge, la féverole ou encore la pomme de terre de consommation.
La construction d’une rotation solide avec l’alternance de cultures d’hiver et de printemps est une des clés de la réussite. La luzerne est aussi en partie l’explication de ce système durable, à la fois sur la gestion des adventices et de l’azote. Celle-ci est maintenue pendant 3 ans de suite en début de rotation.
La maîtrise des adventices passent également par le recours au désherbage mécanique. Ils ont alors commencé par investir une herse étrille de 6 m en 2001, puis une houe rotative en 2004, afin de trouver la complémentarité entre ces 2 outils. Récemment, ils ont opté pour une bineuse guidée par caméra. Cet investissement permettra de biner les céréales à écartement adapté et la féverole, notamment pour détruire les adventices trop développées pour la herse étrille ou la houe rotative.
Sans oublier le travail du sol en interculture : Bruno et Didier se donnent les moyens pour réduire le stock de graines d’adventices à l’automne, avec 3 à 4 faux-semis selon les conditions climatiques.

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